Un e-mail semble venir d’un fournisseur habituel. Il annonce un changement de coordonnées bancaires et demande un règlement rapide. Tout paraît crédible : logo, signature, facture et ton professionnel. Pourtant, ce scénario peut cacher une fraude au faux RIB.
Pour une TPE, une PME ou un indépendant, une erreur de virement peut avoir des conséquences immédiates. La bonne réponse n’est pas de chercher des indices dans l’e-mail pendant dix minutes. Il faut appliquer une procédure courte, connue de tous et impossible à contourner dans l’urgence.

Le fraudeur se fait passer pour un fournisseur, un client ou parfois un salarié. Il transmet de nouvelles coordonnées bancaires et espère que la comptabilité les enregistrera avant le paiement. Son message peut provenir d’une adresse ressemblante. Il peut aussi venir d’une boîte e-mail réellement compromise.
Le piège repose souvent sur deux leviers : l’habitude de travailler avec ce fournisseur et un sentiment d’urgence. Une facture arrivée à échéance, une remise prétendument limitée ou une relance insistante doivent donc déclencher plus de vigilance, pas moins.
Cybermalveillance.gouv.fr rappelle qu’un faux RIB vise à détourner un virement en usurpant l’identité d’un créancier. Le risque concerne toutes les structures qui règlent des factures par virement. Consulter la fiche réflexe officielle.
Un changement de coordonnées bancaires doit toujours être confirmé par un second canal. Appelez votre interlocuteur sur son numéro habituel, enregistré avant la demande. N’utilisez pas le numéro présent dans l’e-mail reçu. Ce détail fait toute la différence.
Demandez une confirmation simple : « Pouvez-vous valider votre nouveau RIB et le nom du titulaire du compte ? » Notez la date, le nom de la personne jointe et le numéro utilisé. Cette trace permet ensuite de justifier la vérification.
Ne modifiez pas la fiche fournisseur dès réception du message. Placez la demande en attente. Si le paiement est urgent, l’urgence ne doit jamais supprimer le contrôle.
Vérifiez l’adresse exacte de l’expéditeur, le ton employé, la date de la facture et le contexte. Une adresse qui diffère d’une seule lettre mérite déjà un appel. Toutefois, un message parfaitement rédigé peut aussi être frauduleux.
Utilisez le numéro de votre base fournisseurs, d’un contrat ou du site officiel de l’entreprise. Ne répondez pas seulement au message et ne cliquez pas sur un lien fourni dans celui-ci. La vérification doit passer par un canal indépendant.
Pour les montants importants, ajoutez un principe de double validation. Une personne vérifie la demande. Une autre valide la création ou la modification du bénéficiaire. Cette séparation réduit fortement le risque d’erreur sous pression.
Ajoutez au dossier fournisseur la confirmation obtenue : date, canal, interlocuteur et validation interne. Ainsi, votre équipe garde un historique clair pour les futurs paiements.
La personne qui comptabilise les factures, celle qui valide les paiements et la direction doivent connaître la règle. Un processus non partagé ne protège pas l’entreprise lorsque le titulaire habituel est absent.

Contactez immédiatement votre banque. Demandez-lui d’essayer de suspendre le virement ou d’engager une demande de retour des fonds pour fraude. Ensuite, prévenez le fournisseur dont l’identité a été usurpée et conservez tous les éléments : e-mails, RIB, facture, références du virement et captures d’écran.
Si votre messagerie a pu être compromise, contrôlez les règles de redirection et les connexions inconnues avant de modifier les mots de passe. Déposez plainte rapidement. La Banque de France rappelle que le délai de réaction est déterminant et qu’une demande de retour des fonds doit être sollicitée sans attendre. Voir les indications de la Banque de France.
Activez la double authentification sur les boîtes e-mail et les outils comptables lorsque cela est possible. Un mot de passe volé ne doit pas suffire à ouvrir une session.
Utilisez des mots de passe uniques et un gestionnaire de mots de passe. Cela limite les dégâts si un service tiers est compromis.
Installez les mises à jour de vos postes, navigateurs et logiciels. Elles corrigent régulièrement des failles exploitées pour accéder aux messageries ou aux documents.
Ces réflexes complètent les mesures présentées dans notre guide Cybersécurité PME : 10 mesures prioritaires. Ici, l’objectif est plus précis : empêcher qu’un changement de RIB ne devienne un paiement frauduleux.
Une procédure efficace tient sur une page et se répète facilement : pas de changement de RIB par e-mail seul, appel sur un numéro fiable, seconde validation et preuve conservée. Partagez-la avec chaque personne impliquée dans les paiements.
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Crédits photos : Kelly Sikkema et Jakub Żerdzicki, Unsplash.